17/07/2009

Mise en contexte de mes recherches

Après avoir complété mes études en joaillerie à l’École de joaillerie de Québec en 2000, j’ai poursuivi en arts visuels (bac et maîtrise) à l’Université Laval. Lors de ces études, j’ai développé des intérêts particuliers pour la sculpture de grands formats. Travaillant dans un espace d’atelier plutôt exigu par rapport à mes ambitions de grandeur, je me suis mise à fabriquer des structures malléables que j’assemble manuellement et qui peuvent être enroulées ou empilées lors de leur fabrication, de leur transport ou de leur rangement... Une fois déployées, elles ont la capacité de s’adapter à divers espaces à occuper (voir le 2e diaporama au bas de la page). Parallèlement à ces explorations, j’ai poursuivi mon travail en joaillerie notamment en tant que copropriétaire d’une coopérative de travail en joaillerie, Les ateliers Vif-Argent, pendant 5 ans. Cependant, dans le cadre de cette entreprise, j’ai davantage développé une approche sérielle de la conception et de la fabrication de bijoux en métiers d’art. Les créations et pièces sur mesure créées au sein de cette entreprise étaient utilitaires, ergonomiques, tendances et construites à partir de techniques de fabrication traditionnelles, quasi exclusivement en argent .925. À ce moment, mes élans créatifs plus éclatés et mes intérêts pour le travail d’autres matières étaient plutôt investis dans mes sculptures. Étant maintenant dissociée de cette entreprise, et ayant un fervent besoin d’accomplissement créatif, je cherche présentement à faire cohabiter mon métier de joaillière avec mon travail de sculpteure.

C’est en m’intéressant à la joaillerie contemporaine d’expression, que je constate que ce type de création unique peut me permettre de réaliser mes aspirations. Pour ce faire, depuis quelques mois, je cherche à traduire mes sculptures en pièces de joaillerie (voir les dernières images du 1er diaporama en bas de la page). Afin de me plonger dans le monde du bijou contemporain d’expression, j’ai entamé des recherches sur le sujet, notamment par la lecture de plusieurs livres et articles de revues. Cependant, ce qui a le plus aiguisé ma curiosité c’est l’exposition de joaillerie contemporaine hollandaise « Golden Clogs, Dutch Mountains » en octobre dernier au Centre de diffusion en métiers d’art MATERIA, (centre d’artiste dont je suis très fière d’être la présidente). Lors de mes visites à l’exposition, j’ai réalisé que j’ai rarement eu la chance d’observer ce type de bijoux contemporain (à l’exception bien sûr de quelques visites à la Galerie Noel Guyomarc’h à Montréal). Dans le cadre de cette exposition de bijoux d’expression, j’ai assisté à une conférence et, lors de rencontres privées, j’ai discuté de nombreuses heures avec la commissaire de l’exposition (participante de l’exposition et joaillière), Andrea Wagner. Cette exposition et ces rencontres furent pour moi une révélation. J’ai trouvé des affiliations évidentes entre mes intérêts et ceux des joailliers hollandais, tous issus de la Guerrit Rietveld Academy à Amsterdam. Cette école hollandaise a, depuis les années 60, une approche contemporaine du bijou par l’utilisation variée de différents matériaux. Dans les années 70, certains étudiants issus de cette école de pensée ont travaillé à partir de plastique et de caoutchouc. Cette école a développé des « créateurs qui questionnent les traditions et les valeurs habituelles du bijou »[1]. Pour cette raison, j’ai décidé d’aller sur le terrain voir ce qui s’y passe et m’imprégner de cette culture du bijou contemporain hollandais en effectuant un séjour de ressourcement créatif dans cet univers.



[1] Citation de Andréa Wagner lors d’une conférence au Centre de formation et de consultation en métiers d’art, à Québec, le 24 septembre 2009.

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