02/08/2009

Enkhuizen, un clin d’oeil au passé dans la création contemporaine

Au nord de la Hollande, la petite ville de Enkhuizen est très étonnante. Ancienne ville de pêcheur, maintenant devenue port de plaisance, on y sent un climat de détente. Je prends le temps d’apprécier le paysage en dégustant un délicieux plat de friture (poisson et frites) sur le bord de l’eau, en bordure d’un des nombreux ponts à bascule.

Je me dirige ensuite à l’exposition « Gone with the Wind » au Zuiderzee museum. Ce musée présente en ce moment une sélection de créateurs de mode hollandais, notamment des designers de bijoux et d’accessoires contemporains. La commissaire de l’exposition est Liesbeth den Besten. Elle a consacré deux immenses salles juxtaposées pour présenter des créateurs de bijoux d’art hollandais actuels renommés tels : Ted

Noten, Lucy Saarnel, Willemijn de Greef et les deux qui m’ont interpellée davantage:

-Evert Nijland (photo du collier rouge), pour le travail du verre et son association à d’autres matières (tissus, argent, objets anciens récupérés...) et les assemblages constitués de modules répétés.


-Francis Willemstijn (photo d’ensemble de la vitrine) pour les différents niveaux de lecture possible, la forte présence et la profondeur des oeuvres.

Attrayantes et parfois repoussantes (ex. : cheveux humains tressés, aspect dur

et séduisant à la fois...), ces pièces m’incitent à les observer de plus près et à en découvrir les détails, à les percevoir sous différents aspects.


Dans des vitrines adjacentes, nous retrouvons des bijoux traditionnels hollandais datant du 19e siècle et le parallèle avec les objets contemporains est frappant et très judicieux (voir photo des trois colliers). Plusieurs des créateurs présentés ont été influencés ou vont jusqu’à faire des citations à ces objets issus de leur folklore. Je suis vraiment étonnée par toutes ces références culturelles dans les créations de ces artistes. Je dois avouer que je trouve ça très intéressant. Ça témoigne d’un certain souci de préservation de la mémoire et, selon moi, c’est très important. D’autant plus que c’est fait dans une approche contemporaine et souvent très recherchée (ce n’est pas « gratuit », ce n’est pas la simple reprise d’un élément ou la reproduction d’une pièce...). C’est senti et ça fait partie de la recherche d’identité de l’artiste. Sur ces réflexions, je complète ma collection d’images de références et je me procure le catalogue de l’exposition.


Après ces découvertes enrichissantes, ce même musée présente, dans un immense parc extérieur sur le bord de l’eau, la reconstitution d’un ancien village de pêcheurs hollandais entre les années 1880 et 1932. Une petite immersion typique, bien que fausse, dans le paysage de ce pays (animaux, moulins, fabriquant de « clogs » sabots...). Chez nous j’aurais trouvé cette reconstitution un peu kitch, mais en voyage c’est différent, surtout après l’exposition que je viens de voir...

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