20/10/2009

Laisser sa trace dans la matière

La semaine dernière j’ai suivi un atelier avec l’artiste Chantal Gilbert et je suis complètement renversée depuis. Les techniques de mise en forme de feuilles de métal enseignées ont poussé mes réflexions en ce qui concerne le travail de la matière. Lors de cet atelier, j’ai travaillé directement sur le métal au marteau alors qu’habituellement j’utilise des bouterolles, un dé à emboutir et des matrices pour faire des mises en forme régulières et idéalement sans traces… J’ai été étonné de mon intérêt à laisser les empreintes des transformations que je faisais subir à la matière. Avec mon œil de joaillière et mes intérêts pour les designs épurés et l’architecture moderne, j’ai toujours eu tendance à vouloir évacuer ces marques que je percevais plutôt comme des défauts. Jusqu’à maintenant, dans mon travail, lorsque je décide de faire des textures, je fais des marques ou des empreintes de façon à ce qu’elles soient le plus contrôlées et uniformes possibles.

Aujourd'hui, j’ai envie de voir autrement les pièces d’argent que j’insère dans mes structures. J’aimerais qu’elles soient plus présentes et que leur aspect matériel soit plus proche du moment du passage de la matière de son aspect initial à la forme désirée. Que mes pièces témoignent de leur changement d’état par la présence de cicatrices laissées par le processus et patati et patata… Ça y est je suis parti… Reste à voir comment ça va se développer matériellement… Pour l’instant j'en reste à mes premiers essais et je continue mon cheminement en pensées et en dessins, car mon atelier est à nouveau en chantier pour deux semaines puisque j’ai décidé d’abattre un mur tout neuf. C’est ça qui arrive quand ont fait des rénovations, sur les plans c’est bien, mais quand ont vie dedans c’est là qu’on réalise si l’espace qu’on habite est fonctionnel et agréable…

Pour ceux intéressés par la mise en forme du métal, voici un livre essentiel à avoir dans votre bibliothèque : LEWTON-BRAIN, Charles et al. Foldforming, Brunswick (Maine), Brynmorgen Press, 2008, 160p.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire